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BTP Algérie
Accueil»Histoire»Un maçon de renommée mondiale
Histoire

Un maçon de renommée mondiale

9 mai 2011
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Comment cette petite entreprise familiale en est-elle arrivée là et devenir un géant incontournable dans son domaine ? C’est ce que nous allons savoir à travers cet article qui suit son itinéraire fabuleux et retrace, brièvement, les différentes étapes qu’a franchies cette entreprise fondée par la prestigieuse famille, d’origine allemande, Liebherr.

Hans Liebherr, le fondateur
Ainsi, cette société suisse d’engins de construction a été mise sur pied quelques années après la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

C’est l’un des membres de la famille éponyme, Hans Liebherr, maçon de métier et âgé de 34 ans, qui l’avait fondée, à l’origine, à Kirchdorf an der Iller (Bade-Württemberg). La construction de la première grue à tour mobile (la TK 10) par cette entreprise naissante – mais qui deviendra, quelques années plus tard, un grand consortium de renomméemondiale – a été le jalon de base décisif pour sa rapide ascension et sa réussite dans le paysage industriel de l’Europe, en décombres et ravagée par le terrible conflit armé mondial de 1939-1945. Cet engin (la grue), fabriqué dans un modeste atelier en bois de cent mètres carrés, était caractérisé par son moindre coût économique et sa facilité au montage. Il a été celui qui a mis en marche cette jeune entreprise et jeté les jalons de son et irrésistible ascension au plan local puis international. Très vite, la production se diversifia, et la TK 10 fut suivie de plusieurs autres types de grue (de navires, automotrices…), des pelles hydrauliques, des malaxeurs, des moteurs Diesel, des machines-outils à tailler les engrenages etc. Cette dynamique de croissance soutenue était encouragée par les besoins grandioses en ces enginsmalgré une concurrence rude de la part d’autres constructeurs dans le segment.

Le siège de la société, initialement, se trouvait au pays natal de la famille, plus exactement à Biberach an der Riss (sud de l’Allemagne, près de la ville d’Ulm), à une centaine de kilomètres de Schaffhouse (Suisse).

Installation en Confédération helvétique

Cette période allemande a duré une vingtaine d’années, car, en 1970, le constructeur allemand fait connaissance avec la région de la Gruyère (Suisse) où il devait s’installer quoique la famille Liebherr avait précédé le groupe industriel en choisissant la Confédération helvétique comme terre d’accueil et de résidence quelques années auparavant. Hans Liebherr, véritable visionnaire, opta pour le projet d’établir au moins une partie de l’activité industrielle du groupe dans ce pays.

Patiemment mais résolument, il décida d’y aller et de construire une unité de production, séduit par l’emplacement du site, l’ouverture prévue d’une importante autoroute, le prix attractif des terrains et l’exonération fiscale qui s’étalait sur dix années. Les travaux de construction de la future usine commencèrent, en janvier 1977, pour se terminer une année plus tard. Cette infrastructure ouvrit ses portes, en 1978, sous l’appellation nouvelle de Liebherr Machines Bulle. Dans cette région suisse, lamultinationale devait franchir une autre étape de son développement en se spécialisant dans la fabrication, notamment, des composants hydrauliques et des moteurs Diesel destinés à équiper les engins de chantier du groupe.

1982 : l’année décisive
Mais, faute de personnel et de main-d’oeuvre suffisante, les dirigeants de Liebherr transférèrent une partie de sa production en Allemagne natale.

Les Liebherr, propriétaires de l’entreprise, quoique ayant acquis la nationalité suisse, n’avaient pas oublié pour autant leur patrie d’origine. Mais l’Allemagne représentait largement le principal débouché de la production industrielle du groupe toutes branches confondues. Ce choix entériné, on passa à samise enoeuvre pour permettre au groupe d’atteindre une tout autre dimension, et de continuer sur sa lancée qui lui avait valu une renommée bienméritée à travers l’Europe l’Amérique du Nord et les autres continents. Le fondateur de la firme, étant mort en 1993, son fils, Hans Liebherr junior, prit en mains les destinées de la société familiale qu’il gérera jusqu’en 1999, année où son frère prit sa suite. Entre temps, cette famille laborieuse et devenue l’une des plus grandes fortunes helvétiques (entre 5 et 6 milliards), avait toujours vécu dans une discrétion admirable et ne faisait jamais étalage de sa réussite économique ou de son ascension sociale. Ainsi, les Liebherr, patiemment et fournissant des efforts soutenus, ont fait de la petite manufacture familiale de construction une entreprise à vocation régionale puis un solide empire industriel qui rayonna sur différentes parties du monde. Le secret de cette réussite s’explique par une gestion impeccable et rationnelle de toutes les chaînes de production, par des efforts constants, une présence sur le terrain pour être à l’écoute de la clientèle et, enfin, par une organisation rigoureuse en amont et en aval de l’entreprise.Une telle politique, réaliste et souple, favorisait une prise de décisions rapide et un sens de l’innovation idoine, ajoutée à un véritable sens de l’entreprise qui réinvestissait les bénéfices de la société au sein même de cette dernière.

Une présence internationale incontestable

Plus d’un demi-siècle est passé, et tout au long de son parcours, l’entreprise Liebherr a su traverser les périodes difficiles de récession et lesmauvaises conjonctures, pour se déployer davantage à l’international, dès la fin des années 1950 : Irlande (1958), Afrique du Sud, Autriche et Grande-Bretagne, quelques années après.Au cours des années 1970, le groupe s’implanta aux Etats-Unis — sous l’appellation de Liebherr America Inc. — pour fabriquer des pelles et de pelles sur chenilles, des chargeuses sur pneus et des chenilles… Le Brésil, la France et le Canada accueillirent, eux aussi, des unités de production de matériels Liebherr. Idempour la Suisse où fut transféré le siège de la société, à Bulle, comme évoqué plus haut. Cette dynamique de croissance tous azimuts lui avait permis de conquérir de nouveaux marchés (Australie, Moyen- Orient et Extrême-Orient). Le grand groupe industriel cibla d’autresmarchés tout autant prometteurs comme la Russie, où une nouvelle usine était prévue. Le gigantesque marché que représente l’Empire du Milieu, la Chine, est tout aussi convoité. En effet, cette dernière, selon des estimations sûres, compterait 50 % des grues actuellement en activité dans le monde et occupe, également, la première place (bien avant les Etats-Unis) pour ce qui est des machines de chantiers comme les grues, les élévateurs, les robots et autres machines-outils…

Rachid Mihoubi
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