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Bataille industrielle

L’industrialisation en substitution ou en complément aux importations est lancée par le gouvernement Sellal à coup de massue. Il met les jalons, à travers un cadre réglementaire, l’obligation d’investissement industriel ou semi-industriel dans le secteur automobile. Un secteur très cher à l’Etat en termes de facture des importations. Il absorbe plus de 6 milliards de dollars en automobile et l’équivalent en pièces de rechange et 4 à 5 milliards de dollars de carburant.

Après l’échec essuyé pour le lancement de la sous-traitance industrielle au troisième quinquennal, voici le gouvernement qui revient à grand renfort en régissant l’activité de concessionnaire, de distributeur, de la définition d’un véhicule neuf et des investissements industriels ou semi-industriels à consentir dans le secteur en fixant le cap à 18 mois.

Va-t-il gagner cette bataille ou non ?

Nous ne pouvons prédire les lendemains en Algérie, sachant que par le passé, le gouvernement est revenu sur de nombreuses décisions. Mais certains opérateurs ont mis la machine en marche et ont déjà conclu des protocoles d’accord, comme c’est le cas d’Ival dans le secteur du véhicule industriel qui nous a fait l’annonce et viendra seconder Mercedes qui a déjà monté plus d’un millier d’unités en moins d’un an de son start-up.

L’usine Renault, qui a été largement critiquée pour sa taille et son taux d’intégration zéro pour l’instant, dispose d’une longueur d’avance pour affronter les futurs compétiteurs.

D’autres secteurs n’ont pas attendu des mesures du gouvernement et ont investi le créneau industriel, notamment le secteur du BTPH. Nombreux sont les industriels dans le bitume, pour ne citer que le groupe Hasnoui, Knauf, Touab, IPP Industry et tant d’autres, qui s’y risquent sans protectionnisme, animés seulement par le potentiel du marché et surtout la recherche de créneaux nouveaux et innovants.

Le débat ailleurs est à la modernisation de l’outil industriel qui passe par le numérique et la robotisation pour plus de performance. On notera à ce sujet, que même si les choses se font en sourdine, la production des produits rouges en Algérie a déjà une longueur d’avance. Equip céramique au Batimatec en 2015 et Ceric en 2014 ont toutes deux mis en exposition les robots de manutention, et plus d’une dizaine de ces industries ont déjà robotisé certains procédés des chaînes.

Ces avant-gardistes n’ont pas attendu le coup de pied dans la fourmilière pour répondre à une attente pressente d’un marché à la demande ou être plus compétitif en élevant les niveaux de performances. Ceux-là, que nous rencontrons souvent, attendent juste un accompagnement par moins de bureaucratie, plus d’organisation et des homologations rapides de leurs produits.

K. A.

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