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Louahdi Abdelbaki, directeur général du CTTP
CTTP : le nouveau superviseur des travaux publics

BTP matériels Algérie : Vous venez de prendre fonction au CTTP. Pouvez-nous expliquer ce qui a motivé ce changement avant de vous présenter à nos lecteurs ?
Louahdi Abdelbaki : En prime, je remercie la revue BTP pour cette écoute, qui ne fait que répondre à l’attente en communication. Pour ce qui est du CTTP, ce qui est prévu est une nouvelle stratégie, exigée par la consistance du programme des travaux à réaliser, raison essentielle qui a fait, que CTTP doit revoir sa stratégie, selon trois axes principaux, à savoir : le premier, l’axe de développement, car on a besoin de développer les moyens humains et matériels etc., le savoir-faire et le savoir- être.

En second lieu, mettre en place une stratégie de positionnement à travers laquelle le CTTP doit reprendre sa mission de service public, avec le ministère des Travaux publics, les directions de travaux publics et s’éloigner un peu de la commercialité, vu le changement de son statut en EPIC. C’est la raison juridique qui pèse le plus et puis par rapport à la demande de l’ensemble des dtp et l’importance des programmes de réalisation, notamment les infrastructures routières et aéroportuaires. Le CTTP compte mettre également une stratégie de proximité. Ce sera l’assistance de près par une présence forte au niveau régional aux côtés des dtp. Qui dit proximité dit délégation de pouvoirs les plus étendus sur le plan d’assistance technique des ouvrages.

Donc, il faut s’attendre à des changements et comment verra-t-on cela sur le terrain ?
Nous sommes tenus d’assurer la continuité sur les engagements pris sur les projets en cours, notamment les contrats à caractère commercial et nous assurons les opérations de changement progressivement. On commencera par mettre en place la représentation du CTTP à travers cinq directions régionales. Avec tous les organigrammes qui s’imposent et avec toutes les compétence humaines et toute l’efficacité des moyens nécessaires. Et puis, en 2 étapes, les directions régionales seront représentées par des directions d’agence qui seront à la disposition à part entière des directions des travaux publics, d’une manière systématique.

Est-ce une manière de surpasser le cadre concurrentiel régnant sur le marché ?
Non, on ne peut pas parler de cela, dans la stratégie de positionnement du CTTP, si on atteint les objectifs fixés, on ne pourra même pas parler de cette question de concurrence. Le CTTP dans la nouvelle donne sera positionné au-dessus des bureaux d’études et laboratoires qui animent cette concurrence. Nous allons encore continuer à assurer l’assistance technique au maître d’ouvrage et la supervision des organismes de contrôle et de suivi. Encore une fois, on sera un peu plus haut de la question de la concurrence. Le CTTP aura la mission de superviseur et non de les concurrencer.

Donc, le CTTP aura à charge de faire le travail qui, jusque-là, a été fait tant bien que mal par les dtp ?
Nous représentons le ministère des Travaux publics et les directions des travaux publics. Jusque-là, la supervision est assurée par les directions des travaux publics, et celles-ci n’ont pas les moyens techniques et compétences pour superviser les travaux ; ce sont des administrations locales sans moyens de supervision. Avec ces changements en cours, le CTTP va constituer un trait d’union entre le MTP et les directions des travaux publics (dtp).

Cela est-il fait suite aux problèmes qui ont surgi un peu partout et, là, nous faisons allusion à la qualité des travaux reprochables ?
Exactement, cela va consolider le contrôle en ayant un deuxième niveau de contrôle, donc, de cette manière, les bureaux de suivi et de contrôle, eux-mêmes vont être contrôlés par cette commission de supervision du CTTP. Cela va sûrement garantir une meilleure maîtrise de l’activité et la bonne marche des projets.

Et les grands projets du CTTP ?
Nous sommes sur de grands projets, en voie de démarrage et nous sommes parés à cela. Nous sommes sur la mise en place de la nouvelle stratégie évoquée plus haut et qui sera progressivement opérationnelle en 2012.

Donc, vous ambitionnez d’être le superviseur de l’autoroute des Hauts Plateaux qui s’annonce à l’horizon 2012 ?
C’est une grande mission qui restera la bienvenue pour le CTTP dans la supervision, et cela va nous permettre de cordonner entre l’ensemble des outils de réalisation, d’études de suivi et de contrôle.

On va développer aussi dans le cadre de la nouvelle stratégie à l’élaboration et publication des règles de l’art, les guides techniques, les documents de travail, de spécifications qui serviront aux bureaux d’études et de suivi. En plus, nous aurons aussi pour mission de former et d’informer.

Le CTTP dans les axes projetés prendra aussi la mission de chef de file de l’ensemble des actions de partenariat et de coopération avec l’ensemble des bureaux d’études nationaux et internationaux. En premier, public-public, car nous considérons que nous sommes dans la même famille des travaux publics et puis, pour assurer une meilleure maîtrise de l’activité qui est très importante. Il est tout à fait légitime d’aller vers le partenariat public-privé.

Y a-t-il eu démarche dans ce sens ?
Il y a eu plusieurs sollicitations en ce sens. Il y a celles qui sont en pourparlers, et ce n’est pas encore concrétisé, mais c’est en voie de développement. Et cela sera possible en mettant une assise légale, juridique et réglementaire. Donc, il faut définir les rôles, les aspects de complémentarité et les limites de tout un chacun.

Revenons à vous, M. Louahdi, vous venez d’une structure régionale à savoir, Setf ?
Non, c’est une société d’études qui intervient à l’échelle nationale, sauf que sur le plan statutaire c’est une EPE. Donc, le grand changement c’est de passer d’une EPE à une EPIC Mais c’est une société qui a été de petite dimension mais bien outillée de tout le management scientifique existant et elle évolue bien dans le marché.

Vous venez au CTTP avec quel profil ou point fort ?
Pour le point fort, ce n’est pas pour le définir mais ce sont les exigences. Il y a deux aspects du management, car là où il y a réussite, il y a un bon mangement de la ressource humaine, le management de l’encadrement, et il y a le deuxième aspect sur lequel je compte beaucoup est le management du métier. Car, on peut connaître le métier sans pour autant avoir l’intelligence de le déployer. Moi, je crois beaucoup à cette intelligence du métier, il faut savoir optimiser les études, trouver les bonnes solutions, il faut savoir développer les techniques les plus rentables, les plus durables également cette question de maîtrise de responsabilité environnementale et sociétale. Il y a cette culture aussi qui permet d’avancer. Il y a l’aspect communication qui permet de corriger et améliorer à court terme, et on va développer une large communication

Votre point de vue du marché des travaux publics ?
Le marché de travaux publics, je dirais qu’il y a une large offre, la consistance du programme fait qu’on doit se mobiliser pour rentabiliser les moyens. On n’a pas de soucis à se faire sur le plan de charge. Le secteur des travaux publics est le plus important et s’inscrit dans le cadre du développement du pays, car les multiplications de liaisons qui passent par le développement du réseau routier ont une très forte valeur ajoutée au plan macroéconomique. Donc, c’est un secteur très stratégique.

Un dernier mot en guise d’améliorer le cadre ?
Toutes les entités confondues y afférant dans le secteur des travaux publics doivent obéir à la même stratégie que je viens de décrire pour le cas du CTTP.

Pour mettre en place des processus de développement de proximité et d’efficacité, et, là, si on traite tous ces aspects, je reviens encore une fois si on met en place les règles de mangement aussi bien au CTTP qu’ailleurs, il n’y a pas de raisons à ce que les projets ne soient pas menés dans les règles de l’art…

En parlant de l’évaluation, parmi les missions inscrites au CTTP, dans les règles de l’art est l’évaluation des politiques publiques, prendre aussi en charge l’aspect prévisionnel du programme, et faire le bilan au compte du MTP pour un meilleur encadrement de la gestion des projets.

Karima A.

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