Lafarge

Nacerdine Nadjoui, P-DG Taouab, répond aux questions
« Mauvaise conjoncture pour le secteur de l’industrie, nous sommes en attente de mesures concrètes de protection face à l’importation »

Nacerdine Nadjoui, P-DG Taouab
Nacerdine Nadjoui, P-DG Taouab

Acteur majeur dans l’industrie des plâtres depuis 1999 (400 t/jour), 2e acteur dans le secteur production des plaques de plâtre depuis2012 , les industries Taouab, sises à Boussaâda, sont le chef de fil des entreprises nationales dans le BTP à pouvoir concurrencer le géant allemand, comme Knauf, nous confie son president-directeur général Nacerdine Nadjoui, mais pourront-elles faire face à la concurrence de l’importation dans un marché totalement ouvert. C’est ce que nous avons tenté de savoir à travers ces questions- réponses, un affront récurrent à tout le secteur.

  • BTP Algérie : Avant de rentrer dans le vif sujet et savoir si l’importation serait-elle le facteur qui freine l’émergence du tissu industriel en Algérie, veuillez présenter les entreprises Touab à nos lecteurs…

Nacerdine Nadjoui : Taouab est un acteur dans les matériaux de construction. Nous sommes carrier et producteur. Nous produisons du plâtre depuis 1999 à raison de 400 t/jour avant d’évoluer en fonction de la demande du marché de la construction et atteindre les 720 t/jour en 2014. Le marché de la construction ayant

évolué en volume et exigence d’autres matériaux plus économiques et plus rapides, nous avons investi dans l’industrie des dérivés des plâtres. En 2012, nous sommes entrés en production des plaques de plâtre.

  • Peut-on savoir un peu plus sur cet investissement ?

Il faut savoir que nous sommes une entreprise à capitaux totalement algériens. Toute la chaîne est allemande, nous sommes certifiés Iso et tous nos produits sont standardisés à la norme CE. Notre capacité optimale de production est de 2 millions de m2, mais on ne les a pas encore atteints. Après 2 ans dans le domaine, nous ne produisons malheureusement que 15% de notre capacité, soit 500.000 m2.

  • Pourquoi avoir investi grand si le marché n’est pas réellement demandeur ?

La plaque de plâtre, aujourd’hui, est l’une des solutions idéales pour construire rapide, léger, qualité de finition et voire même respecter les normes de sécurité, d’isolation, etc. Pour revenir au marché, ce n’est pas une question de taille, au contraire, le marché algérien est plus qu’important ; il pourra absorber 10 voire 15 millions de m2/an, mais la problématique est dans les attributions des marchés de construction. Les entreprises de construction en Algérie sont généralement étrangères, notamment chinoises, italiennes, portugaises et turques. Malheureusement pour nous les producteurs, celles-ci importent la plaque de plâtre de leurs pays d’origine pour leurs besoins en construction en Algérie…

  • Si on comprend bien, les produits de l’importation sont plus attractifs que les produits nationaux…

Au contraire, ce n’est pas une question de prix ou de qualité puisque tous nos produits sont aux normes européennes NF EN 520 et de dernière technologie allemande et de plus moins chers de 2 euros/m2. C’est que les entreprises de construction étrangères appliquent le patriotisme économique et favorisent le produit de leurs pays. C’est justement pour cela qu’il faut protéger le produit national. Nous attendons des mesures de soutien pour le produit algérien. A cela se greffe le problème de culture d’utilisation du produit en question.

  • Peut-on savoir de quel ordre sont-elles ces importations ?

Le manque à gagner absorbé par le marché de l’importation s’élève à 12 millions de m2. Rien que Lafarge représente environ 1,5 million de m2 pour les hôpitaux en construction. Le produit algérien signé Taouab ou même celui produit par Knauf est largement de meilleure qualité par rapport au gisement plâtre produit algérien qui est pur et ne contient pas de souffre. Il est 100% plâtre.

  • Comment palliez-vous ce manque à gagner ?

D’abord, il faut savoir que Taouab est un groupe familial, comme je l’ai signalé auparavant. Nous retrouvons nos équilibres économiques grâce encore à la production du plâtre, l’usine de fer à souder et puis nous sommes tournés vers l’exportation en Libye et en Tunisie, alors que nous n’avons pas encore conquis notre marché.

C. K.

 

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