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M. Brahim Djamel Kassali, p-dg de la CAAR
Nous sommes en 2e position en matière de chiffres d’affaires

BTP Matériels Algérie : Qu’assure-ton dans le secteur du BTPH ?

M. Brahim Djamel Kassali : En général, il existe deux grands types de produits avec des risques différents : ceux de la phase de réalisation et ceux de la phase exploitation. On assure tout ce qui est sur un chantier y compris les personnes. Il s’agit des multirisques chantiers et multirisques «sauf» (les exceptions), le matériel, les équipements et les machines. Ce sont des produits particuliers en phase de réalisation. Puis, en phase d’exploitation, on assure l’entreprise, les bâtiments, les équipements, le matériel informatique et micro-informatique, le mobilier, le parc automobile et/ou engins et les personnes avec le produit assurance-groupe qui est une couverture du personnel, y compris l’assurance-vie.

Quelle est la part de marché de la
CAAR dans le secteur du BTPH ?

Nous sommes parmi les premiers parce que l’assurance des grands risques des entreprises est l’activité principale de la compagnie, et nous avons dans notre portefeuille plusieurs grandes entreprises. En termes de chiffre d’affaires, globalement en comparaison avec les autres compagnies, toutes branches confondues et marchés, nous sommes en 2e position. Dans notre portefeuille, la part du chiffre d’affaires, l’automobile représente 35 à 38 %, environ 30 % ,et jusqu’à 33 % l’incendie engeneering. La branche transport représente environ 17 % et l’assurance de personnes est aux alentours de 10 %. La physionomie de la compagnie, si l’on raisonne en termes de marché ou structure du portefeuille de toutes les compagnies d’assurance, l’automobile représente à peu près de 46 %, l’incendie engineering 30 à 35 %, le transport 8 % et l’assurance de personnes 7 %. Donc, il y a une prédominance des grands risques, dont l’engineering, le transport et l’automobile.

Comment se présente la concurrence entre compagnies d’assurance na&onales et étrangères dans le secteur du BTPH ?
Elle est rude ! C’est normal, car toutes les compagnies essaient de se placer dans ce segment de marché. La qualité de service doit prédominer, au-delà des aspects tarifaires qui sont importants mais ne sont pas l’élément essentiel. Il y a aussi la qualité de service dans le sens où les couvertures soient bien assurées et bien prises en charge mais, également, le remboursement des sinistres qui se fait par la rapidité du traitement du dossier et l’indemnisation. Une confiance s’établit.

Quels sont, généralement, les délais de traitement et de remboursement de sinistres à la CAAR ?
Le souci principal est de réduire continuellement les délais. Mais, il faut savoir qu’en matière de grands risques, les délais prennent un certain temps du fait qu’ils sont réassurés à l’étranger. Cela dépend de la durée de l’expertise. Les délais varient de 15 jours à 3 mois pour les risques non réassurés. Pour les grands risques réassurés comme pour le cas d’un barrage ou d’une autoroute, dont les valeurs assurées sont très importantes, le réassureur étranger envoie ses experts. Les délais de règlement des sinistres sont de trois à six mois en fonction du sinistre et de l’expertise du réassureur. Parfois, pour des cas assez délicats, une contre-expertise est nécessaire. C’est pour ce1e raison que les délais sont assez longs.

Qui sont les réassureurs de la CAAR ?
La Munich Ré, première compagnie de réassurance mondiale, Score Paris qui est le numéro 4 mondial, Hanover Ré, Suisse Ré. Il s’agit de majors dans le monde classées A ou A+ sur l’échelle de notation. Les réassureurs examinent le sinistre, selon le cas, car ils doivent aussi être payés. Le transfert des primes est en devises via la CAAR à hauteur de la couverture qu’ils prennent en charge. Généralement, la CAAR donne des avances pour perme1re à l’entreprise cliente d’engager des travaux de réparation.

A combien sont évaluées ces valeurs assurées ?
Pour un barrage, ce sont des milliards de dinars en termes de valeurs assurées, et l’assurance rembourse un taux de ces valeurs. A titre d’exemple, la raffinerie d’Arzew a coûté 10,5 milliards de dinars en 1993, en valeur assurée. En termes de valeurs assurées des grands projets en phase de réalisation, cela peut varier entre 5 milliards de DA comme pour le cas du barrage de Beni Haroun, et 30 milliards de DA. Certaines valeurs assurées dépassent les 15 à 20 milliards de DA. Par contre, les valeurs assurées des projets en phase d’exploitation sont moins importantes. Elles varient entre 3 et 10 milliards de DA pour les projets en bâtiment (OPGI). Le lot couvert par la CAAR de l’autoroute Est-Ouest avec une entreprise chinoise, sa valeur est de 150 milliards de DA. Il y a aussi des projets de raccordement dont la valeur est de 7 milliards de DA.

Quel est le montant des indemnités payées par la CAAR ?
En 2010, au titre de règlement de sinistres, par branches d’activité, 900 millions de DA pour l’incendie engineering qui correspond au BTPH contre 1,4 milliard de DA en 2009. Pour la branche automobile tous secteurs confondus, 4 milliards de DA ont été remboursés. A titre indicatif, pour l’alimentation en eau potable d’Aïn Salah à Tamanrrasset, la valeur de 7,5 milliards de DA a été remboursés dans un délai de 6 mois.

Qu’en est-il du produit Cat Nat adressé au secteur du BTPH ?

Ce produit est obligatoire par la force de la loi. De plus, l’Algérie est une zone sismique. Il est proposé systématiquement aux clients. Les entreprises souscrivent à ce produit. La Cat Nat représente 293 milliards de DA en 2010 de chiffre d’affaires. Il est appréciable et augmente d’année en année, peut-être pas suffisamment. En 2009, il était de 272 milliards de DA. Il est vrai que les personnes physiques ne souscrivent pas suffisamment à ce1e assurance. Pour un logement de 70 à 80 m², la prime varie entre 2 000 et 2 500 DA par an. Plus la superficie est grande plus la prime est élevée. S’agissant des entreprises, la Cat Nat avec contenu et contenant, bâtiment et équipement compris, la prime est de 0,5 pour 1 000 de la valeur assurée des biens. Par exemple, pour une valeur assurée située entre 100 000 et 300 000 DA, la prime se situe entre 0,20 et 0,70 pour 1 000.

L’assurance responsabilité civile estelle obligatoire ou faculta&ve pour le secteur du BTPH ?
L’assurance responsabilité civile est une couverture contre tout problème éventuel qui peut survenir par la suite. Nous la proposons à la CAAR, aux bureaux d’études et les maîtres d’ouvrages, et nous leur proposons également une garantie particulière aux malfaçons. Elle n’est pas obligatoire mais elle est nécessaire. Il s’agit de deux types de garantie. La responsabilité est partagée, selon l’expertise, à condition que les intervenants y souscrivent car, dans le cas contraire, il n’est pas possible d’indemniser la partie ayant subi le préjudice.

Quels sont, donc, les tarifs ?
Il existe ceux qui sont réglementés. C’est le cas de tous les risques liés à la responsabilité civile alors que pour les garanties facultatives, les tarifs constituent un élément de concurrence et de compétitivité. La stratégie de la CAAR est de ne jamais me1re en péril la compagnie et son client.

La coassurance est-elle une meilleure op&on pour un partage des risques dans le secteur du BTPH ?
Surtout pour les grands projets, car l’union fait la force. Il faudra développer la coassurance, car il vaut mieux avoir une politique stratégique de développement macroéconomique que microéconomique. En effet, pour les grands projets, la coassurance est une bonne formule pour une meilleure couverture des risques. C’est juste une affaire de dosage des parts.

Inès Dikra

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